#AspirationsFéminines - Tess Boutmann, actrice, réalisatrice et étudiante en cinéma et théâtre

#AspirationsFéminines - Tess Boutmann, actrice, réalisatrice et étudiante en cinéma et théâtre

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Tess, parles-nous de toi et de ton quotidien ?

Je suis étudiante en faculté de cinéma et conservatoire de théâtre. D’un côté, j’étudie la culture générale du cinéma afin de pouvoir plus tard passer moi aussi derrière la caméra. De l’autre côté, je m’épanouie dans le théâtre, puisque je suis également comédienne depuis 4 ans maintenant. J’ai eu mon premier rôle dans un long métrage pour le cinéma avec José Garcia. Le film s’appelait « Tout Schuss ». Ce fut ma première expérience, qui a été suivi rapidement de Clem, la série de TF1 dans laquelle j’ai eu un rôle semi-récurrent. Je jouais la petite amie d’un acteur populaire « Rayane Bensetti ». Plus récemment, j’ai joué le rôle éponyme de « Nicki Marianne » dans un court métrage qui est présenté dans plusieurs festivals. A côté, je réalise aussi mes propres projets. J’ai co-écrit un court métrage dans lequel j’ai joué et que j’ai dirigé artistiquement. Actuellement, je suis dans l’écriture d’un nouveau long métrage.

 

Qu’est ce que tu préfères entre le jeu et l’écriture, l’univers du cinéma ou du théâtre ?

Je n’ai pas vraiment de préférence. Ce sont des univers tellement différents et dans lesquels je n’évolue pas de la même manière. Dans le théâtre, je n’ai pas encore eu d’expérience professionnelle concrète. J’ai eu l’expérience d’un plateau et du montage d’une pièce avec le conservatoire. J’en suis davantage au stade des cours que de la vie professionnelle.

C’est vrai que je suis dans la recherche de ce que j’aime. Evidemment, je suis plus partie pour être comédienne puisque c’est ma passion première. Mais d’une passion première en naît d’autres, puisque quand j’ai joué dans mon premier long-métrage, j’ai découvert une passion pour la réalisation. C’est né d’une frustration à l’origine, qui m’a fait découvrir une nouvelle passion. La réalisation me permettrait à la fois de jouer dans mes propres films mais aussi d’avoir un œil un peu partout, de diriger les acteurs, donc ça a un côté un peu metteur en scène. En même tant d’avoir une vision artistique sur l’image qu’aura le chef opérateur, tout comme une réflexion du scénario. J’aime bien réaliser un film à partir d’un scénario que j’ai écrit. Je me vois plus réalisatrice-auteur. J’aurais du mal je pense à écrire un scénario et ne pas le réaliser. J’ai envie d’être un peu partout je crois. J’en ai développé un complexe de frustration, je suis très facilement frustrée par les choses. J’ai besoin de tout comprendre. Pour tout comprendre, il faut avoir réalisé chaque étape du film, de la réflexion jusqu’au montage. J’aime aussi beaucoup me plonger dans l’univers des autres, et faire partie de l’équipe du cinéma. Le cinéma est un milieu d’équipe, ce qui correspond à mes valeurs.

 

Qu’est ce qui t’a donné envie de devenir une actrice ? 

A l’origine, j’étais plus portée vers le jeu. Lors de vacances au Club Med, j’ai découvert de supers spectacles, des personnes qui dansaient, qui jouaient des rôles. J’adorais l’idée de jouer un personnage, même un petit rôle ou le pas du bourré. J’ai toujours été plus attiré par le jeu et par les rôles. A force, j’ai commencé à prendre des cours de théâtre de manière très amateur. En stage de 3ème, j’ai fait un stage dans une boîte de production. Vers la fin, j’ai réalisé que je risquais de quitter cet univers pour toujours. C’est à ce moment que je me suis dit que coûte que coûte, j’évoluerais dans ce milieu-là.

J’ai par la suite rencontré un monteur, qui m’a explicitement dit que pour devenir actrice, il fallait assumer son envie sinon je n’y arriverais jamais. Ca a été comme un coup de boost, je me suis inscrite au cour Florent et j’ai rapidement trouvé un agent. A partir de là, j’ai enchaîné les castings, jusqu'à celui de « Tout Schuss ». J’intégrais alors la faculté de cinéma pour apprendre la portée, l’intérêt et la pensée du cinéma. Tu y apprend ce que tu veux faire. Non pas comme dans une école de cinéma, où l’on t’apprend à faire du cinéma. En tant que réalisatrice, je me rends compte de mes inspirations, de ce que j’ai envie de faire ou de dire.

 

Pour rebondir, qu’est-ce qui t’inspire dans la vie ?

La philosophie m’inspire beaucoup et mon côté artiste fait que mes névroses aussi m’inspirent. Je n’écris plus quand je ne vais pas bien, ou quand quelque chose me choque.

Je n’aime pas le cinéma qui véhicule la bonne morale, la bonne façon de penser, comme une fable pourrait le faire. Moi, je cherche à faire un cinéma engagé. Par exemple, mon prochain court-métrage portera sur la critique de la volonté de progrès continue qui surpasse l’épanouissement. Je ne remets pas en cause le progrès, mais une facette du progrès, afin que les gens puissent faire leur propre interprétation, qu’elle soit positive ou négative. Je ne veux pas imposer une façon de penser, je veux parler d’un sujet qui m’importe, qui se retrouve dans ma vie quotidienne. Cela permet de faire réagir, il est plus difficile de nier un sujet que l’on a en face des yeux. La suite résulte du choix personnel. Ma grande inspiration cinématographique serait Mustang, un film Franco-Turc, qui montre des femmes dans un village Turc. Ce film prône la liberté, montre qu’il y a encore des femmes coincées sous une forme patriarcale, on suit la violence subtile, puisque aucune violence n’est montrée, mais on la ressent à travers les situations, ce qui rend le film encore plus puissant. J’ai eu l’occasion de participer à un concours, qui s’appelle « gyNOphobie », organisé par Liza Azuelos, qui recueille les violences contre les femmes. J’ai écrit et réalisé un court-métrage sur le manque de solidarité féminine par rapport à la sexualité des filles. J’aime avoir un côté engagé mais qui reste artistique, loufoque, qui permet de s’évader.

 

Comment tu te projettes à long terme ? Tu as des objectifs de vie ?

Je veux pouvoir vivre de mes passions. Je ne recherche pas forcément la notoriété, même si elle va souvent de paire. Ce que je cherche c’est de pouvoir vivre mille et une choses. C’est le propre d’être actrice, tu peux avoir plusieurs versions de toi-même dans une même vie. Je me vois réaliser mes films, et si les rôles vont avec moi, jouer dedans. J’ai envie d’expérimenter et de choisir ce que j’ai envie de faire. Je privilégie l’expérience, ce que j’aime c’est casser les codes.

Quel est ton motto ?

Avec le cinéma je ne compte pas changer la politique, mais les esprits.

 

 

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