#AspirationsFéminines - Céline Lazorthes, entrepreneuse passionnée et couteau suisse

#AspirationsFéminines - Céline Lazorthes, entrepreneuse passionnée et couteau suisse

Céline, qu’est ce qui t’a motivé à devenir entrepreneuse ? Qu’est ce qui te motive encore à te lever le matin ?

J’ai créé Leetchi, lorsque j’en ai eu besoin et qu’il n’existait rien pouvant satisfaire mon besoin. En en parlant autour de moi, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule concernée, loin de là. J’ai organisé moi même le week-end d’intégration de ma promotion qui se révéla être un enfer lorsque j’ai du récupérer l’argent de tous le monde. Beaucoup de mes copines ont vécu le fameux cadeau d’anniversaire auquel tout le monde participe mais que personne ne finance jamais.

Ce qui me lève tous les jours, c’est de voir le projet grandir et se développer. On s’est déjà beaucoup développé à l’international. On est près de 75 collaborateurs maintenant. Il y a pleins de challenges différents et l’entreprise est encore en très forte croissance, même 7 ans plus tard. C’est ça qui est hyper challengeant. Mon travail n’est plus le même aujourd'hui que depuis que j’ai démarré il y a 8 ans, déjà.

Aujourd’hui quelle est ta mission au sein de Leetchi ?

Je m’occupe principalement de 3 choses. La communication externe et interne, c’est moi qui représente la marque et qui transmet les valeurs aux salariés. Je me charge des projets de développement, et en grande partie des nouveaux projets. Je file aussi un coup de pouce aux projets qui posent problèmes. Il m’arrive donc de détricoter le projet avec l’équipe et remettre les processus en place, j’ai ce point de vue extérieur qui me permet de visualiser rapidement et de mettre le doigt sur le problème. Sur la partie développement, c’est beaucoup l’international. Et le troisième point, je me charge de l’IT. J’accompagne les équipes produits et IT sur la mise en place de nouveaux projets, leur donner une vision. Ah je fais aussi pas mal de recrutement. J’essaye toujours, même si parfois ce n’est pas possible, d’intervenir au moins dans la dernière étape du recrutement où j’aide les équipes à prendre une décision. Nous n’avons pas de DRH, donc c’est pas mal que je sois présente pour aider les équipes. 

C’est un choix de ne pas avoir de DRH ?

Oui. Déjà, la boite n’en a pas vraiment ressenti le besoin. Et puis ça fait partie aussi des valeurs de Leetchi, de se responsabiliser à tous les niveaux en matière de recrutement. Je trouve ça bien que les managers soient à la fois en charge des recrutements et de leur continuité. Ils sont libres de prendre les décisions. Ça responsabilise. C’est plutôt une bonne chose, parce que les gens font plus attention au recrutement et au suivi de carrière. Il faut être responsable des bonnes comme des mauvaises choses. Du coup j’aide pas mal les managers sur l’accompagnement des profils : est-ce que je dois booster ou pas un profil? Comment je fais pour structurer les objectifs de mes effectifs ? Globalement ça fonctionne bien, les gens ne se plaignent pas et moi non plus. Ca me permet d’avoir une meilleure communication avec tous les membres de la boite, de faciliter les flux d’informations.

Tu es amenée à voyager souvent ?

 Hélas oui ! Et c’est très fatiguant. Ça paraît surprenant, mais faire l’allez retour dans la journée, pour revenir le soir et le lendemain repartir à 6h pour Nantes, c’est épuisant. Je caricature un peu, mais c’est vrai que ça me laisse moins de temps pour bosser sur les vrais sujets. Après, j’essaye au maximum de me dégager des sujets opérationnels, de déléguer. Mais pour d’autres je ne peux pas lâcher, et je ne veux pas. Je pense que l’IT par exemple fait parti de mes compétences fortes. C’est un point important en matière de vision, d’ADN. Du coup, plus je voyage, moins j’ai de temps à consacrer au reste, plus mes mails s’accumulent et le téléphone sonne.

Au quotidien justement, avec cet emploi du temps, comment tu arrives à trouver ton inspiration ?

Difficile à dire. Bien que j’en ai malheureusement peu la possibilité, je pense qu’il y a beaucoup de valeur à la procrastination. Le fait de pouvoir réfléchir un peu, prendre du recul et ne pas être les doigts dans la prise en permanence, cela m’aide. J’essaye aussi de marcher beaucoup plus, d’un rendez-vous à l’autre par exemple. C’est un des seuls moments où je ne suis pas derrière mon ordinateur, où je peux marcher, écouter de la musique sans être en train de répondre à quelqu’un. Finalement c’est plutôt bénéfique, même pour le moral. J’essaye de prendre le temps, même si ce n’est pas évident de rencontrer beaucoup de gens. C’est assez intense, mais le fait d’échanger avec vous là maintenant, d’une manière ou d’une autre, il y a une idée qui va émerger, j’en suis convaincue. Peut-être que j’y repenserais dans deux ou trois mois.

J’ai fais le choix, parfois complexe, de rendre mon agenda complètement ouvert. C’est à dire que tout le monde peu prendre un rendez-vous pour moi. Cela me permet d’avoir plus de flexibilité, de m’adapter aux aléas. Et puis tout le monde est assez intelligent, donc ça se passe plutôt bien.

D’un autre côté, je prends beaucoup de temps pour être proche du client. J’essaye d’être en contact avec le service client un maximum, de comprendre comment les clients se placent, comment ils utilisent la solution. Je pense qu’il faut vraiment être une éponge, interpréter et comprendre les signaux faibles. Ce qui est assez important, et on l’a bien fait je pense, c’est d’avoir une structuration d’entreprise qui permette de transmettre l’information. Les gens n’ont pas peur, de balancer de nouvelles idées, ou juste donner du feedback. Ça permet de de ne pas passer à côté de quelque chose. Dans le cas de Leetchi qui existe depuis 2009, on a vécu pleins de changements, de nouveaux paradigmes et le produit c’est toujours par lui-même adapté. Nous sommes une entreprise bienveillante, dans laquelle les collaborateurs se sentent bien, ils n’hésitent pas à dire leurs pensées.

Comment trouves-tu ton équilibre dans ta vie ? Tu parlais de marcher dans la rue.

Il n’y en a pas. C’est difficile, cela dépend comment définir l’équilibre. Je cours après le temps, j’ai en permanence cinquantes mails non lus, ou appels auxquels je n’ai jamais le temps de répondre. Ce qui est important, c’est de faire les choses pleinement et que les temps de vie personnelle ne soient pas trop parasités par le travail. Je fais un effort pour ne pas trop être sur mon téléphone quand je suis en famille ou avec mes amis. J’ai décidé de ne travailler le soir ou le week-end que s’il y a une urgence. Je ne travaille jamais le samedi, et le dimanche soir je me contente de lire mes mails. Malheureusement, plus l’entreprise grandit, plus c’est intense, surtout lorsque l’on veut continuer à faire de l’opérationnel.

Je fais du sport quatre fois par semaine. C’est une discipline que je ne pensais pas pouvoir imposer à mon agenda. En fonction des périodes tout s’équilibre. Travailler est une perception. Moi par exemple, je n’ai pas l’impression de travailler. C’est peut-être un tord, mais moi ça ne me gène pas. Il faut que la famille et le conjoint l’acceptent. Ce n’est pas routinier, et c’est aussi ce qu’on aime dans le métier.

Si tu avais un moto, une phrase qui te motive tous les jours, quelle serait-elle ?

Je pense que c’est une de Jeff Bezos, qui dit « every day is day one ». C’est une bonne façon de voir les choses entre, ce n’est jamais gagné, ni perdu. C’est important de garder tout le monde dans la dynamique de gagne. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers.

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